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	<title>Commentaires sur : Modéliser ou modeler ?</title>
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		<title>Par : jcM</title>
		<link>http://www.ethnomedia.fr/blog/2009/12/modeliser-ou-modeler/comment-page-1/#comment-88</link>
		<dc:creator>jcM</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jan 2010 19:40:48 +0000</pubDate>
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		<description>Ce sont les bulles qui vous boostent les neurones ?!

Arnaud &gt;  Il ne me semble pas y avoir d&#039;opposition majeure entre une tendance à l&#039;imaginaire et la faculté de créer pour un chercheur. L&#039;imaginaire est justement ce qui peut faire surgir une idée, lorsque la conscience est au repos et qu&#039;on laisse s&#039;exprimer les symboles plus librement. Un article sur les processus cognitifs à l&#039;œuvre dans la résolution de problèmes et la création sera intéressant.

La comparaison avec &quot;les autres&quot; comme manière de se rassurer sur soi me fait penser à plusieurs choses sur la notion de &quot;modèle&quot; social ou identitaire. je renvoie à plusieurs livres qui pourront faire l&#039;objet de fiches de lecture plus tard (une nouvelle rubrique ?).

Le premier est le livre de Philippe Poutignat et Jocelyne Streiff-Fenart, &lt;em&gt;Théorie de l&#039;ethnicité&lt;/em&gt; (PUF, 1995). Dans ce livre, les auteurs montrent qu&#039;un groupe ethnique possède une identité flexible et dynamique constamment recomposée dans la catégorisation Nous/Eux. Le &quot;modèle&quot;, dans ce contexte, ce serait plutôt un archétype généralement défini dans les mythes, les pratiques sociales, les représentations et les valeurs d&#039;une société. Le contre-modèle étant Eux, les Autres, les Barbares des Grecs ou nos SDF.

A ce propos, il est temps de lire l&#039;ouvrage indispensable du psychanalyste et anthropologue Patrick Declerck, qui estime que la place des SDF équivaut à celle de victime sacrificielle : &quot;Il occupe position et fonction dans la société. Il joue sur la scène du théâtre social un double rôle essentiel. Celui de la victime sacrificielle. Et celui du contre exemple. Il est la moderne version du corps des suppliciés pourrissant jadis en place de Grève. L&#039;incontournable démonstration du prix de la transgression&quot; (&lt;em&gt;Le sang nouveau est arrivé. l&#039;horreur SDF,&lt;/em&gt; Gallimard, 2005, page 81). L&#039;Autre n&#039;est pas, dans ce cas, en dehors de notre société. Il est à la frontière de ce que nous sommes et au-delà de laquelle nous ne pouvons plus nous identifier.

Le troisième ouvrage est celui de Gregory bateson, &lt;em&gt;Naven&lt;/em&gt; (Stantford Université Press, 1936). Bateson y aborde pour la première fois la notion d&#039;éthos masculin et féminin chez les Iatmul de Nouvelle-Guinée. Il la développera ensuite avec Margaret Mead au cours d&#039;un long travail chez les Balinais.  Selon lui, la personnalité sociale est le résultat d&#039;un apprentissage précoce de l&#039;éthos (ici le &quot;modèle&quot;), en particulier dans les communications non-verbales avec la mère. On pourrait penser que cet apprentissage se fait dans le respect des pratiques et attitudes liées à son sexe (discrétion, soumission, douceur pour les femmes iatmul ; vantardise et arrogance pour les hommes), mais pas seulement. Bateson analyse le rituel de travestissement du naven, dans lequel, précisément, cet équilibre se trouve inversé de manière caricaturale. &quot;En se mettant à la place de l&#039;autre, chacun représente simultanément l&#039;éventail affectif que la société a constamment découragé en lui, et perçoit dans son partenaire l&#039;image déformée de son propre éthos quotidien&quot; (Introduction de Michael Houseman et Carlo Severi à l&#039;édition française de &lt;em&gt;Naven, La cérémonie du naven&lt;/em&gt;, Les éditions de minuit, 1971).

Remettre en cause les sacro-saints modèles de masculinité/féminité, proposes-tu Martin ? Ça existe, mais dans un cadre social avec lequel on ne fait que jouer pour mieux intégrer les catégories qu&#039;il nous impose.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Ce sont les bulles qui vous boostent les neurones ?!</p>
<p>Arnaud >  Il ne me semble pas y avoir d&#8217;opposition majeure entre une tendance à l&#8217;imaginaire et la faculté de créer pour un chercheur. L&#8217;imaginaire est justement ce qui peut faire surgir une idée, lorsque la conscience est au repos et qu&#8217;on laisse s&#8217;exprimer les symboles plus librement. Un article sur les processus cognitifs à l&#8217;œuvre dans la résolution de problèmes et la création sera intéressant.</p>
<p>La comparaison avec &laquo;&nbsp;les autres&nbsp;&raquo; comme manière de se rassurer sur soi me fait penser à plusieurs choses sur la notion de &laquo;&nbsp;modèle&nbsp;&raquo; social ou identitaire. je renvoie à plusieurs livres qui pourront faire l&#8217;objet de fiches de lecture plus tard (une nouvelle rubrique ?).</p>
<p>Le premier est le livre de Philippe Poutignat et Jocelyne Streiff-Fenart, <em>Théorie de l&#8217;ethnicité</em> (PUF, 1995). Dans ce livre, les auteurs montrent qu&#8217;un groupe ethnique possède une identité flexible et dynamique constamment recomposée dans la catégorisation Nous/Eux. Le &laquo;&nbsp;modèle&nbsp;&raquo;, dans ce contexte, ce serait plutôt un archétype généralement défini dans les mythes, les pratiques sociales, les représentations et les valeurs d&#8217;une société. Le contre-modèle étant Eux, les Autres, les Barbares des Grecs ou nos SDF.</p>
<p>A ce propos, il est temps de lire l&#8217;ouvrage indispensable du psychanalyste et anthropologue Patrick Declerck, qui estime que la place des SDF équivaut à celle de victime sacrificielle : &laquo;&nbsp;Il occupe position et fonction dans la société. Il joue sur la scène du théâtre social un double rôle essentiel. Celui de la victime sacrificielle. Et celui du contre exemple. Il est la moderne version du corps des suppliciés pourrissant jadis en place de Grève. L&#8217;incontournable démonstration du prix de la transgression&nbsp;&raquo; (<em>Le sang nouveau est arrivé. l&#8217;horreur SDF,</em> Gallimard, 2005, page 81). L&#8217;Autre n&#8217;est pas, dans ce cas, en dehors de notre société. Il est à la frontière de ce que nous sommes et au-delà de laquelle nous ne pouvons plus nous identifier.</p>
<p>Le troisième ouvrage est celui de Gregory bateson, <em>Naven</em> (Stantford Université Press, 1936). Bateson y aborde pour la première fois la notion d&#8217;éthos masculin et féminin chez les Iatmul de Nouvelle-Guinée. Il la développera ensuite avec Margaret Mead au cours d&#8217;un long travail chez les Balinais.  Selon lui, la personnalité sociale est le résultat d&#8217;un apprentissage précoce de l&#8217;éthos (ici le &laquo;&nbsp;modèle&nbsp;&raquo;), en particulier dans les communications non-verbales avec la mère. On pourrait penser que cet apprentissage se fait dans le respect des pratiques et attitudes liées à son sexe (discrétion, soumission, douceur pour les femmes iatmul ; vantardise et arrogance pour les hommes), mais pas seulement. Bateson analyse le rituel de travestissement du naven, dans lequel, précisément, cet équilibre se trouve inversé de manière caricaturale. &laquo;&nbsp;En se mettant à la place de l&#8217;autre, chacun représente simultanément l&#8217;éventail affectif que la société a constamment découragé en lui, et perçoit dans son partenaire l&#8217;image déformée de son propre éthos quotidien&nbsp;&raquo; (Introduction de Michael Houseman et Carlo Severi à l&#8217;édition française de <em>Naven, La cérémonie du naven</em>, Les éditions de minuit, 1971).</p>
<p>Remettre en cause les sacro-saints modèles de masculinité/féminité, proposes-tu Martin ? Ça existe, mais dans un cadre social avec lequel on ne fait que jouer pour mieux intégrer les catégories qu&#8217;il nous impose.</p>
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	<item>
		<title>Par : mG</title>
		<link>http://www.ethnomedia.fr/blog/2009/12/modeliser-ou-modeler/comment-page-1/#comment-86</link>
		<dc:creator>mG</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Jan 2010 14:07:08 +0000</pubDate>
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		<description>Je n&#039;ai pas le bouquin sous la main, mais Nicolas Bouleau rapproche la double signification du mot modèle que tu évoques dans ton premier commentaire de celle du mot « hôte » qui désigne à la fois la personne qui accueille et celle qui est accueilli. Je ne connaissais pas l&#039;utilisation de telle statue/modèle en dessin. C&#039;est un bon exemple pour attaquer un cours sur la modélisation en sciences physiques.

Je suis tenté de rajouter une petite précision aux premières phrases de ton second commentaire. Les « vérités » observables (ou phénomène) ont plusieurs niveaux de lecture. Pour simplifier prenons l&#039;exemple d&#039;une source acoustique que l&#039;on peut décrire (i) de façon macroscopique : soumise à une sollicitation donnée, la source émet un son de fréquence 440 Hz et d&#039;amplitude 75 dB(SPL) ou (ii) de façon microscopique : lorsqu&#039;un jet d&#039;air est soumis à une sollicitation donnée, des tourbillons sont produits à la naissance de ce jet et peuvent heurter un obstacle géométrique générant une pression acoustique. La modélisation consiste souvent à faire des allers-retours entre ces deux niveaux de description. L&#039;objectif d&#039;un modèle de comportement des tourbillons dans le cas cité plus haut est de produire des données de sortie (fréquence et niveau du son produit) qui concordent avec la description macroscopique qui a pu être obtenu expérimentalement. Une bonne concordance entre modèle et expérience indique que les hypothèses sélectionnées pour la construction du modèles ont des chances d&#039;être bonnes. Cette précision me permet d&#039;apporter un élément de réponse personnel à l&#039;interrogation qui clôt ce second commentaire. Dés lors que, la plupart du temps, le niveau de description microscopique n&#039;est pas observable, le chercheur doit faire preuve d&#039;imagination, inventer, avoir des idées pour bâtir son modèle. Il s&#039;appuie certes sur un corpus théorique existant (l&#039;ensemble des théorie de l&#039;acoustique dans notre exemple), mais je reste persuadé qu&#039;il s&#039;agit là d&#039;un processus de création. 

Quant à ton troisième commentaire, il mériterait un article à lui tout seul.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je n&#8217;ai pas le bouquin sous la main, mais Nicolas Bouleau rapproche la double signification du mot modèle que tu évoques dans ton premier commentaire de celle du mot « hôte » qui désigne à la fois la personne qui accueille et celle qui est accueilli. Je ne connaissais pas l&#8217;utilisation de telle statue/modèle en dessin. C&#8217;est un bon exemple pour attaquer un cours sur la modélisation en sciences physiques.</p>
<p>Je suis tenté de rajouter une petite précision aux premières phrases de ton second commentaire. Les « vérités » observables (ou phénomène) ont plusieurs niveaux de lecture. Pour simplifier prenons l&#8217;exemple d&#8217;une source acoustique que l&#8217;on peut décrire (i) de façon macroscopique : soumise à une sollicitation donnée, la source émet un son de fréquence 440 Hz et d&#8217;amplitude 75 dB(SPL) ou (ii) de façon microscopique : lorsqu&#8217;un jet d&#8217;air est soumis à une sollicitation donnée, des tourbillons sont produits à la naissance de ce jet et peuvent heurter un obstacle géométrique générant une pression acoustique. La modélisation consiste souvent à faire des allers-retours entre ces deux niveaux de description. L&#8217;objectif d&#8217;un modèle de comportement des tourbillons dans le cas cité plus haut est de produire des données de sortie (fréquence et niveau du son produit) qui concordent avec la description macroscopique qui a pu être obtenu expérimentalement. Une bonne concordance entre modèle et expérience indique que les hypothèses sélectionnées pour la construction du modèles ont des chances d&#8217;être bonnes. Cette précision me permet d&#8217;apporter un élément de réponse personnel à l&#8217;interrogation qui clôt ce second commentaire. Dés lors que, la plupart du temps, le niveau de description microscopique n&#8217;est pas observable, le chercheur doit faire preuve d&#8217;imagination, inventer, avoir des idées pour bâtir son modèle. Il s&#8217;appuie certes sur un corpus théorique existant (l&#8217;ensemble des théorie de l&#8217;acoustique dans notre exemple), mais je reste persuadé qu&#8217;il s&#8217;agit là d&#8217;un processus de création. </p>
<p>Quant à ton troisième commentaire, il mériterait un article à lui tout seul.</p>
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	<item>
		<title>Par : aP</title>
		<link>http://www.ethnomedia.fr/blog/2009/12/modeliser-ou-modeler/comment-page-1/#comment-83</link>
		<dc:creator>aP</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Dec 2009 14:25:59 +0000</pubDate>
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		<description>3 commentaires en 1 :
- En dessin ou en peinture, dans les écoles d&#039;art, un modèle est souvent une sculpture académique, une statue représentant le réel. C&#039;est un modèle on ne peut plus statique à dessiner, qui apprend les proportions anatomiques. Si une statue de femme, par exemple, est le modèle à dessiner, la femme est alors le modèle du modèle...Il y a une reconnaissance universelle par la forme et le volume que la statue, en tant copie réaliste de la femme, devienne modèle à son tour. Le vrai modèle (reproduction du réel) c&#039;est la statue.

- En science, je crois que la recherche de la &quot;vérité&quot; ou d&#039;une forme de réalité s&#039;attache à essayer de la reproduire pour la comprendre. On réalise alors des modèles plus ou moins complexes, par un processus d&#039;allers-retours entre la théorie et l&#039;expérience. A l&#039;opposition entre l&#039;imagination et la raison décrite par Platon, Descartes ou Pascal, je préfère la complémentarité. Pascal dit que la part d&#039;imaginaire inclut forcément celle de la raison, et l&#039;étouffe. C&#039;est-à-dire que le réel (s&#039;il est fini) est forcément inclus dans l&#039;imaginaire (infini). Alors l&#039;imagination est nécessaire pour s&#039;éloigner mais aussi se rapprocher de la vérité. Socrate dit qu&#039;un savant ne doit plus rêver, et pour Platon l&#039;imagination nuit à la compréhension du monde, tout comme l&#039;art car il l&#039;idéalise. Je privilégie tout de même le concept de Pascal qui décrit l&#039;imagination comme maîtresse de faussetés mais pas totalement, car source de mensonges et de vérités (c&#039;est d&#039;ailleurs pour cela qu&#039;il faut s&#039;en méfier). Mais je crois qu&#039;au niveau des définitions, les significations d&#039;imagination à l&#039;époque de Pascal ou Platon, sont différentes d&#039;aujourd&#039;hui. Pour ces philosophes, l&#039;imagination se rapproche de &quot;la tendance à l&#039;imaginaire&quot;, tandis qu&#039;aujourd&#039;hui, l&#039;imagination se rapproche de la faculté à créer, inventer, et avoir des idées... ce qui me paraît utile à un chercheur, non ?

- En société, l&#039;idée de modèle me fait penser à la comparaison entre différents modes de vie. J&#039;aime bien cette notion existentialiste qui implique que ce sont nos actes qui définissent notre existence. Or, je pense que les gens en général justifient leur actes a posteriori. La passivité de l&#039;action sur la parole est un comportement confortable qui fait que l&#039;on subit des événements, même intimes, et qu&#039;on s&#039;en accommode voire qu&#039;on s&#039;en attribut l&#039;origine, comme un non-choix qui en devient un. Alors on comprend la nécessité d&#039;avoir un modèle qui fait référence et permet de relativiser, avec de la sympathie pour ce que l&#039;on connaît, et une méfiance envers l&#039;inconnu. Et c&#039;est en comparant les modes de vie qu&#039;on peut se satisfaire, voire se féliciter du sien. Ca me rappelle un dessin de Reiser ou Wolinski, (je ne sais plus), avec deux Français au resto qui cherchent à savoir s&#039;ils sont heureux de leur vie. C&#039;est en se comparant à nos voisins que l&#039;un dit (en gros) : &quot; je suis moins con que le Belge, moins frimeur que l&#039;Italien, moins rigide que l&#039;Allemand, moins lent que le Suisse, moins alcoolo que l&#039;Anglais, moins flemmard que l&#039;Espagnol, moins PD que le Grec... donc je suis heureux !&quot;   
</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>3 commentaires en 1 :<br />
- En dessin ou en peinture, dans les écoles d&#8217;art, un modèle est souvent une sculpture académique, une statue représentant le réel. C&#8217;est un modèle on ne peut plus statique à dessiner, qui apprend les proportions anatomiques. Si une statue de femme, par exemple, est le modèle à dessiner, la femme est alors le modèle du modèle&#8230;Il y a une reconnaissance universelle par la forme et le volume que la statue, en tant copie réaliste de la femme, devienne modèle à son tour. Le vrai modèle (reproduction du réel) c&#8217;est la statue.</p>
<p>- En science, je crois que la recherche de la &laquo;&nbsp;vérité&nbsp;&raquo; ou d&#8217;une forme de réalité s&#8217;attache à essayer de la reproduire pour la comprendre. On réalise alors des modèles plus ou moins complexes, par un processus d&#8217;allers-retours entre la théorie et l&#8217;expérience. A l&#8217;opposition entre l&#8217;imagination et la raison décrite par Platon, Descartes ou Pascal, je préfère la complémentarité. Pascal dit que la part d&#8217;imaginaire inclut forcément celle de la raison, et l&#8217;étouffe. C&#8217;est-à-dire que le réel (s&#8217;il est fini) est forcément inclus dans l&#8217;imaginaire (infini). Alors l&#8217;imagination est nécessaire pour s&#8217;éloigner mais aussi se rapprocher de la vérité. Socrate dit qu&#8217;un savant ne doit plus rêver, et pour Platon l&#8217;imagination nuit à la compréhension du monde, tout comme l&#8217;art car il l&#8217;idéalise. Je privilégie tout de même le concept de Pascal qui décrit l&#8217;imagination comme maîtresse de faussetés mais pas totalement, car source de mensonges et de vérités (c&#8217;est d&#8217;ailleurs pour cela qu&#8217;il faut s&#8217;en méfier). Mais je crois qu&#8217;au niveau des définitions, les significations d&#8217;imagination à l&#8217;époque de Pascal ou Platon, sont différentes d&#8217;aujourd&#8217;hui. Pour ces philosophes, l&#8217;imagination se rapproche de &laquo;&nbsp;la tendance à l&#8217;imaginaire&nbsp;&raquo;, tandis qu&#8217;aujourd&#8217;hui, l&#8217;imagination se rapproche de la faculté à créer, inventer, et avoir des idées&#8230; ce qui me paraît utile à un chercheur, non ?</p>
<p>- En société, l&#8217;idée de modèle me fait penser à la comparaison entre différents modes de vie. J&#8217;aime bien cette notion existentialiste qui implique que ce sont nos actes qui définissent notre existence. Or, je pense que les gens en général justifient leur actes a posteriori. La passivité de l&#8217;action sur la parole est un comportement confortable qui fait que l&#8217;on subit des événements, même intimes, et qu&#8217;on s&#8217;en accommode voire qu&#8217;on s&#8217;en attribut l&#8217;origine, comme un non-choix qui en devient un. Alors on comprend la nécessité d&#8217;avoir un modèle qui fait référence et permet de relativiser, avec de la sympathie pour ce que l&#8217;on connaît, et une méfiance envers l&#8217;inconnu. Et c&#8217;est en comparant les modes de vie qu&#8217;on peut se satisfaire, voire se féliciter du sien. Ca me rappelle un dessin de Reiser ou Wolinski, (je ne sais plus), avec deux Français au resto qui cherchent à savoir s&#8217;ils sont heureux de leur vie. C&#8217;est en se comparant à nos voisins que l&#8217;un dit (en gros) : &nbsp;&raquo; je suis moins con que le Belge, moins frimeur que l&#8217;Italien, moins rigide que l&#8217;Allemand, moins lent que le Suisse, moins alcoolo que l&#8217;Anglais, moins flemmard que l&#8217;Espagnol, moins PD que le Grec&#8230; donc je suis heureux !&nbsp;&raquo;</p>
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